Une école à Brindas ?

Le contenu de cette rubrique est une retranscription du fascicule édité par le Vieux Brindas en 1983, en « souvenir du centenaire » de la construction des écoles publiques à Brindas.

À Brindas, semble-t-il, il n’y eut, sous l’Ancien Régime, ni fondation, ni institution de caractère pieux ou privé. L’analphabétisme est le fait marquant de cette période : 95% de la population vivait des travaux de la terre, la proportion des analphabètes est la même. En effet, lors de l’enquête du Recteur Maggiolo dans la généralité de Lyon, pour la période 1686-1690, l’indice qui représente les signatures au bas des actes de mariage est faible pour tout le diocèse de Lyon. En fait, dans le futur département du Rhône (Lyonnais Beaujolais) ne signent cet acte que 16% des époux et 8% des épouses.

Le Lyonnais est ainsi l’une des zones les moins alphabétisées en France, à la fin du XVIIe siècle. La campagne, bien sûr, est en retard sur la ville. À quoi cela tient-il ? À l’emploi des enfants pour les travaux de la ferme et des champs – et en fait, pour Brindas, de l’écart des grandes routes : le village cerné par l’Yzeron et le Garon subit un facteur aggravant, les difficultés de communication.

Selon un document de 1679, les habitants, tout en se plaignant des charges trop lourdes que la communauté doit assumer, n’évoquent pas les frais d’école ou de maîtrise. Pourtant cette communauté se peuple : en 1794 on y compte 117 feux (ou foyers) – soit 622 personnes (paysans) – et 27 ménages soit 110 personnes « sans terre » – (journaliers, domestiques et divers).

Les mêmes problèmes d’analphabétisation se retrouvent lors de la Révolution : de nombreux documents notariés ne comportent que la signature du notaire, ou, le plus souvent, la formule « n’ont pas signé pour ne savoir le faire » – et très rarement la formule « ont signé » mais les signatures sont malhabiles.

Vue du bourg et de l'école en contrebas
Vue du bourg et de l’école en contrebas