Les origines de Brindas

par Paul Pelcé

Fig. 1 – Paul Pelcé en cours de fouilles à la base de la tour ronde de Brindas

Sur les origines de Brindas, nous ne connaissons pratiquement rien ; seuls les noms des cours d’eau des Monts du Lyonnais, le nom même de Brindas et les résultats de fouilles archéologiques locales, nous permettent de faire l’hypothèse d’une occupation dès l’Âge du Fer, celui de nos Gaulois, voire à l’Âge du Bronze.

Les rivières des Monts du Lyonnais ont pour origine des noms celtes : Yzeron est dérivé du mot isara ‘’la vigoureuse’’, comme les noms de cours d’eau  Isère, Oise, Yser ;   le Garon est un mot très proche du nom Garonne qui a été appelé garunna par Jules César. Tous ces noms montrent que les Monts du Lyonnais ont été occupés dès l’âge du Fer (-800-52 av. J.-C.).

Les communes des Monts du Lyonnais portent des noms d’origine celte comme Mornant (mot composé du mot celte nantu, le ruisseau) d’autres d’origine gallo-romaine comme Messimy (Maximiacus, domaine de Maximius), la plupart sont des noms de saints comme Saint-Foy-les-Lyon et enfin d’autres sont d’origine médiévale comme Francheville.

Mais alors le nom Brindas ? On trouve la première mention Briendaco dans les Possessions de l’Eglise de Lyon de 984[1], réécrit vers 1200 (Fig.2). Nous reviendrons sur ce manuscrit.

Fig. 2 – Ecclesia sancti Romani de briendaco cum appenditiis

La racine ‘’bri’’ semble provenir de ’’briga’’, mot celtique, signifiant forteresse, lieu élevé, lieu clos. Briendas, situé sur une petite hauteur, protégé à l’ouest et au nord-ouest par les gorges de l’Yzeron, pourrait bien avoir été crée par nos gaulois.

Des découvertes archéologiques à Brindas montrent que la commune existait à l’époque gallo-romaine ; des travaux d’assainissement rue de la Traverse dans les années 1960 ont mis au jour du mobilier gallo-romain, comme des céramiques sigillées (Fig. 3) dont certaines sont datées entre 15 et 150 ap. J.-C., mais aussi des tuiles romaines tegula, et des fragments d’amphore. Ces découvertes indiquent qu’il y a eu dans ce secteur une villa gallo-romaine, ou l’habitat d’un riche gaulois qui s’est  romanisé. D’autres ont été recueillis non loin du centre au sud, et enfin, il y a un possible ensemble funéraire dont la localisation demeure imprécise.

 S’il y avait déjà une occupation à Brindas à l’époque gallo-romaine, on peut alors plus facilement proposer son existence à l’époque gauloise et ainsi renforcer l’interprétation de l’origine celte de son nom. 

Fig. 3 – Céramiques sigillées provenant du site de production de Graufesenque (Millau Aveyron)

Que pouvait-il y avoir à Briendas à l’époque des Gaulois ? Une grande ferme comme celle trouvée à Messimy sur le site de la société Boiron ? Un ensemble fortifié qui justifie le nom briga  ?  Nous proposons une hypothèse : il existe un ancien chemin presque rectiligne qui relie Brindas au mont Châtelard sur la commune de Courzieu ; ce site, qui a eu deux campagnes de fouilles, a été occupé de l’Âge du Bronze jusqu’au début de l’époque Gallo-romaine. Des vestiges de remparts montrent un site de pouvoir important.

Quel type de lien Briendas a-t-il eu avec le Châtelard ? Un lien économique ? Une première fortification ‘’tête de pont’’ ?

La question reste posée pour l’instant.

A suivre…


[1] Manuscrit trouvé en 1915 dans la toiture de la cathédrale Saint-Jean de Lyon