
Engagé dans les Forces françaises libres sous le nom de Claude MARY, Raymond BASSET, après un entraînement rigoureux, est parachuté en France dans le Puy-de-Dôme la nuit du 16 au 17 août 1943.
Dans la nuit du 9 au 10 juillet 1944 le commandant MARY est de nouveau parachuté dans la région de Duerne dans le Rhône, comme chef de la mission « Gingembre ». Cette nouvelle mission a pour but d’empêcher le repli des troupes allemandes qui remontent la vallée du Rhône. Le Commandant Mary coordonne l’action des équipes de parachutistes franco-britanniques et des maquisards.
Lors des combats pour la libération de Lyon, le commandant MARY nommé colonel, installe son PC au Château de Saint-Laurent-de-Chamousset puis à la mairie d’Yzeron. Le 3 septembre 1944, il entre dans la capitale des Gaules à la tête de ses parachutistes et maquisards.
Charles de Gaulle dit de lui en Septembre 1944 :
« Une admirable figure de la résistance Française ».

Raymond BASSET, alias Cdt MARY
Cet habitant de Brindas utilisait sa propriété isolée chemin des Deux Ruisseaux, aux Hotteaux, à proximité du fort du Bruissin occupé par les Allemands, pour organiser des rencontres secrètes afin de coordonner les actions des mouvements de la résistance.

Michel PONCET habitant proche, raconte :
« cette maison servait de cache pour des armes ».
Ces armes parachutées dans les Monts du Lyonnais étaient destinées aux Forces Françaises de l’Intérieur (FFI).

Alain DAVRIL, 19 ans environ, jeune employé agricole dans la propriété de la famille COURMONT aux Hotteaux, a été intrigué par le va-et-vient de grosses voitures noires.
À ses questions, ses employeurs lui répondent qu’elles sont conduites par M. BASSET vétérinaire. Curieux de nature, il a un jour ouvert le coffre de l’une de ces voitures qui, à sa grande surprise, contenait des armes.
Colonel MARY : ses distinctions
- Grand Officier de la Légion d’Honneur
- Compagnon de la Libération
- Grand Officier de l’Ordre National du Mérite
- Croix de Guerre 39-45 (10 citations)
- Médaille de la Résistance avec rosette
- Médaille des Evadés
- Médaille Commémorative des Services Volontaires dans la France Libre
- Distinguished Service Order (GB) Military Cross (GB)
- Croix de Guerre Belge
- Médaille de la Résistance avec rosette (Belgique)
- Citoyen d’honneur de Brindas
Conseil municipal de Brindas

Le 8 mai 2026, un square nommé en l’honneur du Colonel Mary a été inauguré à Brindas.
Ci-dessous, le discours de M. Michel Poncet prononcé le 8 mai 2026 à l’occasion de la Cérémonie du 8 Mai, et suite à l’inauguration du square du Colonel Mary à Brindas, en hommage au Colonel Mary.
Cérémonie du 8 Mai 2026 et inauguration du square Colonel Mary
Bonjour Mesdames, bonjour Messieurs, bonjour à tous les élus et représentants des différentes associations, bonjour les enfants de Brindas.
Aujourd’hui 8 Mai 2026 journée du souvenir et de la réconciliation nous devons honorer la mémoire des victimes et exprimer notre gratitude à ceux qui ont agi pour la liberté, notre liberté.
Pour le 8 Mai de l’année dernière par devoir de mémoire Brindas a rendu hommage à un illustre concitoyen qui a résidé ici le temps de la guerre et jusqu’en 1953.
Aujourd’hui pour concrétiser cet hommage nous allons inaugurer le nouveau square Colonel Mary.
Avant que l’histoire passée et les grands événements ne tombent dans l’oubli nous devons nous souvenir d’un personnage hors du commun, en la personne de Raymond Basset qui deviendra un des 12 saboteurs Compagnon de la Libération.
Pour remonter un peu loin, dans ma prime jeunesse je jouais avec les enfants de mon voisin, il nous faisait faire des tours de jeep et ce n’est que plus tard que j’ai compris qui il avait vraiment été…
Il est né à Chalon sur Saône en 1908 et en 1914 il pleure la mort de son père tué à Verdun, cet événement orientera toute sa vie. Après 14 mois de service militaire il est sergent et travaille à la ville comme électricien. Pour donner du piment à sa vie, il devient pompier volontaire, puis lieutenant à l’inspection départementale d’incendie.
Avec cette fonction il est porteur d’un laisser passer sur la ligne de démarcation il en profite pour faire franchir cette ligne à des milliers de personnes aidé par son ami d’enfance André Jarrot.
C’est le début du refus de la défaite et de l’entrée en clandestinité.
Blessé en intervention il fera 7 mois d’hôpital avant de devenir agent de divers réseaux de résistance, dont Armada, BCRA, Brandy, PCC et FFI.
Décidé à rejoindre le Général de Gaulle, il passe par l’Espagne et connaît les prisons de Franco, d’où il s’évade pour rejoindre L’Angleterre.
La formation intensive terminée il est parachuté de nombreuses fois sur la France et sabote partout ou il passe avec l’aide des résistants locaux.
C’est l’homme de l’ombre et des coups de mains audacieux qui pratique l’esquive pour ressurgir ou personne ne l’attend avec une nouvelle identités dont ;
Claude Mary, Lougres, Gourmette, René Bonneau, André Fesquet, Marius Praz et bien d’autres…
Pendant cinq mois chaque journée est marquée par un fait important entre Paris, Reims, Troyes, Soissons, Lyon, Chalon, Mâcon, La Boisse… Tout y passe, installations électriques, pylônes, tunnels, dépôts de locomotives, déraillement et barrage de Gigny.Dans le courant de l’année 44, il est parachuté à Duerne sur le terrain saphir dans le cadre de l’opération Gingembre, mission capitale pour entraver le repli des troupes Allemande et réceptionner les containers destinés à la résistance.
Parmi ses innombrables exploits, le Progrès de Lyon du 24 juillet 44 relate un sabotage extraordinaire à la gare de Reventin-Vaugris.
En 7 minutes, Raymond Basset et un groupe de 12 SAS ont fait exploser avec un bazooka un convoi de 46 wagons citernes privant ainsi les réserves stratégiques de carburant pour la Luftwaffe.
Sans un seul blessé la réussite est totale, la chaleur du feu a fait fondre les rails sur une longueur de 500 mètres.
Recherché par toutes les milices sa tête est mise à prix 2 millions.Plusieurs fois sa voiture est criblée de balles mais avec de la chance il s’en tire.
Sa ruse sans limite et ses nombreux lieux de replis dont la maison familiale des Hotteaux lui permettent de passer sous les radars…
Un jour même il se présente à la ferme de Georges Courmont aux Hotteaux comme nouveau vétérinaire, mais ce qu’il avait dans son coffre n’étaient pas nécessairement destinés au bétail…
Son PC est installé pendant quelques semaines avec un groupe de parachutistes SAS dans une aile du château de Saint Laurent de Chamousset propriété du comte de Saint Victor.
Dans la nuit du 14 Août 1944, un avion Américain qui venait larguer du matériel s’écrase contre la colline des Courtines à Duerne. Les containers seront dispatchés dans le secteur et une partie sera enterrée à la maison familiale des Hotteaux à Brindas.
Un seul membre d’équipage sera trouvé le lendemain, gravement brûlé il sera soigné dans la clandestinité à Saint Martin et reviendra en pèlerinage 10 ans plus tard.
Pour Lyon le général Koenig désigne Alban Vistel Chef régional de la résistance et c’est lui qui nommera Raymond Basset Délégué militaire et commandant des FFI du Rhône.
Les choses se précipitent, le 29 août le Cdt Mary arrive à la Mairie d’Yzeron il est rejoint par par Alban Vistel et c’est d’ici que sera lancé l’assaut final sur Lyon.
Le 3 septembre Mary pénètre à Lyon par le Pont de l’Homme de la roche à la tête de toutes les forces des maquis de l’ouest du Rhône et de la Saône. Lyon est libérée.
Le 5 septembre place Bellecour les troupes sont passées en revue par le général De Lattre de Tassigny et Mary Basset remet des décorations à de nombreux résistants.
Déjà citoyen d’honneur de la commune d’Yzeron ce compagnon de la libération sera élevé au rang de conseiller municipal d’honneur de la commune de Brindas par le Maire Jean Emiel en séance du 30 novembre 1945.
Le Général De Gaulle dira de lui « c’est une admirable figure de la Résistance française ».
Joseph Kessel dira : il faut des situations exceptionnelles pour produire des êtres exceptionnels, la guerre de 1945 en révéla beaucoup et Raymond Basset fut l’un de ceux là, par ses invraisemblables exploits.Rapporté par Paul Velay notre ancien épicier de Brindas, Raymond Basset entraînait les jeunes du village à pratiquer le roulé-boulé et le close-combat dans les prés du Chazottier.
Le colonel Mary collectionne un nombre impressionnant de médailles de différents Pays, la plus chère à son cœur étant la croix de Compagnon de la Libération décernée aux grands résistants, celle ci sera déposée sur son cercueil.
Décédé à Chessy les Mines le 10 septembre 1984 il repose au cimetière de Saint Symphorien sur Coise auprès de ses compagnons d’Armes.Cet extraordinaire soldat de l’ombre, un Patriote qui a toujours refusé la défaite est aujourd’hui remis en lumière et par reconnaissance il a, à Brindas un square à son nom que nous inaugurons maintenant (en présence de sa fille Patricia et l’un de ses fils puis Charles arrière petit fils de Raymond Basset. John-Paul est absent a cause d’un problème médical ) et de différentes personnalités.
Je remercie les différentes municipalités pour avoir finalement concrétisé ce projet élaboré depuis 3 années avec l’aide et la ténacité d’Anne Chantraine.Merci également au groupe de recherche du Vieux Brindas pour son énorme travail sur les événements de la Guerre de 39/45 dans la région.
Merci Colonel Mary.
Merci à tous et belle journée de commémoration et d’inauguration.Michel Poncet le 8 mai 2026.

