Il aura fallu dix ans aux Brindasiens pour obtenir le droit d’organiser une foire sur le territoire de la commune.
C’est lors d’une session de février 1842 que le conseil municipal formule la première demande de foires à Brindas, afin de satisfaire
« le désir des habitants d’avoir deux foires annuelles pour se dédommager des frais qui leur sont imposés. »
Deux dates sont proposées, le 25 avril, jour de la Saint-Marc, et le 20 août.
Le 23 décembre 1842, le ministère de l’agriculture et du commerce du roi Louis-Philippe oppose une fin de non-recevoir au prétexte principal qu’il existe déjà 19 foires sur le canton de Vaugneray et 24 sur le canton voisin de St. Genis-Laval.
Malgré la contestation de Brindas, argumentant que
« ces foires alentours sont trop éloignées en distance et en temps et qu’elle n’a aucun moyen d’industries et de commerces pour attirer du monde »
une seconde demande est refusée en 1845.
La troisième demande en 1849 reçoit enfin l’accord du préfet, qui décide de soutenir la démarche de Brindas.
Après que le principe de deux foires annuelles sur la commune ait été adopté par le conseil général en janvier 1851, le préfet intervient auprès du ministère en émettant un avis favorable pour ces deux créations.
Les événements insurrectionnels de 1848 et l’avènement de la II° république ne sont peut-être pas étrangers à ce revirement des pouvoirs publics.
Toutefois, Brindas qui compte près de 1200 habitants, ne manque pas d’arguments pour soutenir sa candidature.
En effet, si l’agriculture revêt une grande importance par ses diverses productions (vins, céréales, bestiaux, basse-cour, fruits et légumes) vendues sur les marchés de l’agglomération lyonnaise, il existe aussi sur la commune une centaine de métiers de tissage et étoffes de soie travaillant pour le compte des fabricants de Lyon. Parmi ces nombreux ouvriers tisseurs, beaucoup exercent une petite activité agricole, pour qui les foires seraient source de débouchés afin de compléter leur maigre revenu et compenser les périodes de chômage.
De plus, traversée par une voie de grande communication entre l’agglomération lyonnaise et le monts du lyonnais puis le forez, à proximité de localités « populeuses » (terme d’époque), Brindas se trouve idéalement placée.
C’est ainsi que fin 1851, autorisation fut enfin donnée à Brindas d’organiser ses foires, même si actuellement seule subsiste celle du printemps, fixée fin avril, proche de la Saint-Marc.
Compte tenu des spécificités de la production du plateau lyonnais, de l’importance des activités fruitières, la foire de Brindas devint rapidement la « Foire aux Echelles », là où tous les arboriculteurs de la région se retrouvaient pour acquérir les échelles nécessaires à la cueillette les fruits, et se tient depuis chaque année, hormis au cours de la dernière guerre.
Aujourd’hui, si la foire a perdu sa vocation agricole, elle n’en reste pas moins
incontournable dans le paysage local et permet à chacun de passer une bonne journée de shopping, pleine de convivialité.

