Matériel agricole ancien acquis, stocké, réparé, utilisé et entretenu par Le Vieux BRINDAS
Notre Association gère un véritable musée de vieux objets: vieux outils, ustensiles divers, charrues (Brabant, araire), meubles anciens provenant de dons de particuliers ou résultant de leur acquisition au fil des années. Nous gérons notamment du gros matériel agricole qui a nécessité des heures innombrables de travail de réparation, de remise en état de marche et ensuite d'entretien régulier. Ce gros matériel (batteuse, moissonneuse-lieuse, locomobile Diesel, tracteurs...) sert chaque année pour la moisson et le battage à l'ancienne...
La Batteuse
Marque : Société Française Vierzon. Poids : 3 500 kg
Capacité de travail : 800 à 1 000 gerbes à l’heure, soit 25 à 30 hectolitres de céréales selon récolte.
Commandée en mars 1931 à la Foire de Lyon, cours de Verdun (prix 22 000 Francs)
Livrée en gare de Brignais en juillet
Mise en service à Orliénas en août 1931, par Messieurs Gattin et Assada de Soucieu-en Jarez
Son fonctionnement nécessite la présence de 12 à 15 personnes :
o Sur la passerelle : 1 engreneur et 1 décanteleur
o Sur le pont : 1 coupeur de liens
o Au sol : 3 porteurs de sacs (sac ou boge de 80 à 100 kg)
o 1 à la courte paille
o 1 (le boriot) à la balouffe (la bale)
o 3 à la paille longue
o 1 à la locomobile (diesel ou électrique)
Cette machine était en très mauvais état. Il a fallu 7 ans pour la remettre en état de marche, ce qui correspond à environ 800 heures de travail bénévole.
Enfin, le 18 septembre 1988, elle fonctionne de nouveau pour la fête de la batteuse à Francheville. Un entretien régulier est nécessaire.
La Batteuse : historique de la remise en état
Achat par l’association
financée par une souscription en 1981. Machine en très mauvais
état, vu son exposition aux intempéries pendant de longues années.
Reprise et changement de toutes
les parties tôlées. Changement de tous les cribles.
Arrêt des travaux de
restauration, la machine n’étant toujours pas abritée.
1985, mise sous abri chez un
cultivateur (Monsieur LHopital).
1988, mise sous abri à
Francheville – reprise des travaux de restauration. La machine fonctionne
et est engagée pour la première fois à la fête de Francheville, le 18
septembre 1988. En échange des services rendus le jour de la fête, le comité de Francheville assure son garage sous abri.
1989, démontage de la plate-forme
arrière pour remise en l’état d’origine.
1990, mise en peinture.
1993, rupture des bielles de
secouage – fabrication de bielles neuves et remontage.
1995, réparation du plancher
bois (fourni par Francheville).
1998, suite à une exposition
de 15 jours à la pluie, après le fête de 1998 de Francheville,
le plancher de la machine est hors service.
1999, 10 et 11 mars,
remplacement du plancher (achat du bois effectué par le Comité de
Francheville).
- La batteuse sera ensuite remisée à Brindas dans les locaux de l'ancienne ferme FAYET durant la première décennie des années 2000 ...
2005 - Utilisation de la batteuse lors du tournage du film "Le
cycle du blé"
2005 - La batteuse tient son rôle lors de la Fête
au Village du 25 septembre 2005
2007 - Battage du blé à Brindas - Dimanche 16
septembre 2007
2008 - Battage du blé à Brindas - Dimanche
14 septembre 2008
2009 - Battage du blé à Brindas - Dimanche
20 septembre 2009
2010 - 7 avril 2010 :Déménagement de la batteuse suite à la demande de la
Municipalité de Brindas de "vider" la ferme FAYET du matériel
agricole qui y était entreposé par notre association - Voir l'épopée
de la batteuse. (Le restant du matériel sera évacué le 23 avril )
La Presse
Achat par souscription en 1982.
Marque : Presse Rousseau (presse à 2 liens, moyenne densité)
Poids : 1 700 kg
Mise en service : 1930
Poids de la botte de céréale : 5 à 10 kg
Elle est bloquée par la rouille. Un démontage complet à été nécessaire.
Elle sera fonctionnelle en 1998, soit après environ 300 heures de travail.
La Presse : historique de la remise en état
Machine complètement bloquée
par la rouille, suite à une trop longue exposition aux
intempéries dans une ferme de Brindas (achat par souscription en 1981).
Après mise sous abri à
Francheville, démontage entrepris par Paul Buyer (1987).
Tous les paliers et axes sont
démontés, dégrippés, graissés et remontés (1989).
Avec l’aide d’un tracteur
de Francheville, la machine fonctionne (1990).
Pour cause de double-emploi,
elle n’est pas utilisée.
1997, reprise de la
restauration.
Préparation pour mise en
peinture.
Jeudi 17 juillet 1997 de 14 à
18 heures, nettoyage de la haute-pression avec l’aide de Robert
Dubain.
Mardi 26 août 1997 de 10 à 12
h et de 14 à 17 h, rivetage à chaud des bandes de roulement.
Vendredi 29 août 1997 de 13 à
19 heures, mise en peinture de la presse (peinture fournie
par Francheville).
Lundi 1er septembre 1997,
démontage des oreilles et remplacement par des neuves (le
bois et la peinture sont fournis par Francheville). Mise en peinture des
oreilles –
marquage du fabricant en peinture dorée.
Mardi 6 septembre 1997, mise en
ligne avec la batteuse pour sa première mise en service.
2010 - Vendredi 23 avril : Départ du matériel agricole entreposé dans
l'ancienne ferme FAYET. La presse (ainsi que la moissonneuse javeleuse entre
autres...) est confiée à une association de Saint-Jean de Touslas au grand
regret de nos techniciens qui ont fourni tant d'heures de travail pour la remise
en état et l'entretien de ce matériel...
Voir le reportage sur la fin du déménagement du matériel agricole de l'ancienne ferme FAYET
La locomobile Diesel
Achat par souscription en 1982. Marque : Roger Maurin (Ardennes)
Force : 25 cv - Cylindrée : 16 000 cm3 - Poids : 1 800 kg - Mise en service : 1920
La locomobile Diesel : historique de la remise en état
Achat par souscription en avril
1982, par Brindas.
La locomobile est déchargée chez Paul BUYER.
Moteur entièrement démonté.
Le piston est dégrippé avec un cric hydraulique. Le cylindre est gratté et poli au soufre. Les segments sont refaits, ainsi que le joint de culasse et la soupape de
décompression.
Juillet 1984, après environ
500 heures de travail la locomobile fonctionne et est
garée
dans une cour de ferme, aux intempéries.
Mai 1988, la locomobile est
garée à l’abri, sous hangar, chez un cultivateur ou
quelques
pièces rouillées ont dû être refaites (réservoir, pot d’échappement).
Août 1988, deuxième mise
en route.
Septembre 1988, la
locomobile est acheminée à Francheville et est engagée pour la
fête de la batteuse, le 18 septembre 1988. Comme
pour la batteuse le comité de
Francheville assure garage sous abri.
Juin 1994, un nouveau
système d’allumage est fabriqué par un artisan de Brindas,
d’après les plans de Paul Buyer. Fabrication d’une
barre d’attelage.
Septembre 1995, par suite d’une
fausse manoeuvre, la culasse est fendue.
Réparation immédiate par une entreprise de Givors. Brasage des goujons du pot d’échappement.
Juin 1997, fabrication d’un
bac de récupération de mazout.
28 septembre 1997, panne à Brindas.
Juin 2000, changement du
presse-étoupe.
Depuis, la locomobile est engagée avec la batteuse dans toutes les fêtes de battage de Brindas, sans
problème mécanique.
2010 - 7 avril 2010 :Déménagement de la locomobile suite à la demande de la
Municipalité de Brindas de "vider" la ferme FAYET du matériel
agricole qui y était entreposé par notre association - Voir le
reportage sur l'épopée du matériel agricole. (Le restant du matériel
sera évacué le 23 avril )
La Moissonneuse-Lieuse
La moissonneuse-lieuse nous a été donnée par Mr Joannès Courbière, hameau du Carassin à Duerne. Il reste à enlever une moissonneuse-faucheuse-javeleuse.
Samedi 14 décembre 1996, acheminement de la lieuse : départ 7h15 avec Monsieur Bador. Nous rejoignons Jean-Marc Bonnet avec son tracteur à Duerne, à 8 heures.
Arrivée à Brindas à 10h30, la machine est déchargée et mise sous le préau de l’école.
Samedi 14 décembre 1996, messieurs Bador, Bonnet et Buyer vont chercher la javeleuse chez Madame Colomb de Brindas, machine tirée par le tracteur de Jean-Marc Bonnet et mise à l’abri sous le préau de l’école. Toute l’opération est terminée à 12h30. Madame Colomb nous a donné une petite charrette à bras, une chèvre et un brancard (baillard).
La Moissonneuse-Lieuse : historique de la remise en état
Mercredi 18 décembre 1996,
premier dépoussiérage de la lieuse, huilage de la
bombe.
Réparation de la chaîne motrice –
fabrication de deux maillons
Mardi 18 février 1997, démontage
du tube du rabatteur – dérouillage de la
mécanique.
Mercredi 19 février 1997,
redressage du tube à la forge.
Jeudi 20 février 1997, remontage
du tube, l’ensemble fonctionne – dérouillage de la
mécanique.
Samedi 22 février 1997,
déplacement à Duerne de Messieurs Buyer et Hereng pour
l’acte
de donation de la lieuse. Au retour, achat d’une pièce de chêne pour refaire
le
timon de la lieuse (40 frs, pas de reçu – chez Martin à Rontalon).
Lundi 24, Mardi 25, Mercredi 26
février 1997, fabrication du timon de la lieuse –
travaux
de forge – timon terminé mercredi (3 journées de travail).
Lundi 10 mars 1997, montage du
timon sur la machine – dérouillage.
Mercredi 12 mars 1997,
dérouillage des machines – démontage des bielles (14-17h).
Vendredi 14 mars 1997, assemblage
des lames apportées par Fernand – pour
adaptation,
cela ne fonctionne pas.
Mardi 18 mars 1997, dérouillage
de la lieuse.
Mercredi 19 mars 1997,
dérouillage – Antoine Bador donne deux lames de
faucheuse.
Lundi 7 avril 1997, récupération
de toile de lieuse, avec Robert Dubain + diverses
pièces.
Jeudi 24 avril 1997, remise en
état des lames et dérouillage de la lieuse.
Mardi 6 mai 1997, remise en état
et dérouillage des vilebrequins de la lieuse.
A partir de maintenant, Robert
Dubain travaille avec Paul Buyer.
Mercredi 7 mai 1997, dégrippage
des transmissions.
Jeudi 8 mai 1997, montage de la
lame – dérouillage du tablier et mise en peinture (2
couches).
Vendredi 9 mai 1997, sablage des
machines.
Mardi 13 mai 1997, suite de la
mise en peinture de la lieuse.
Vendredi 16 mai 1997, peinture de
la lieuse, jusqu’à 17h30.
Lundi 19 mai 1997, peinture de la
lieuse (lettres dorées). Dessin et fabrication du
pochoir
pour le pare-vent.
Mardi 20 mai 1997, remise en état
du pare-vent, mise en peinture du châssis et
inscription
au pochoir.
Lundi 26 mai 1997 (9-12h), mise en
peinture bleue des roues porteuses routières.
Mardi 27 mai 1997, mise en
peinture des diviseurs – la roue porteuse et son châssis
–
ferrures des rabatteurs (14-18h30).
Mercredi 28 mai 1997, dérouillage
et remise en état du protège-gerbes et mise en
peinture
(les deux côtés).
Mardi 3 juin 1997, dégrippage des
rouleaux (15-17h).
Mercredi 4 juin 1997, forgeage du
renfort du guide-gerbes – ajustage et mise en
place.
Jeudi 5 juin 1997, fabrication de
la bielle, cerclage et mise en place après ajustage (1
de
rechange brut).
Lundi 9 juin 1997, montage des
toiles – réglage de la barre de coupe – le tout
fonctionne
à la manivelle (14-18h).
Lundi 7 juillet 1997, le noueur ne
fonctionne pas – démontage – dégommage –
remontage.
Mardi 8 juillet 1997, après 200
heures de travail, 1ère sortie de la lieuse pour la moisson
chez Antoine Bador. Après quelques incidents et divers réglages, elle
fonctionne bien.
Mercredi 9 juillet 1997,
moisson officielle en public.
Samedi 12 juillet 1997, fin des
moissons.
7 mois et demi pour sa
restauration.
Moisson 2009 avec la moissonneuse-lieuse - Reportage
La moissonneuse-javeleuse
Samedi 14 décembre 1996, messieurs Bador, Bonnet et Buyer vont chercher la javeleuse chez Madame Colomb de Brindas, machine tirée par le tracteur de Jean-Marc Bonnet et mise à l’abri sous le préau de l’école. Toute l’opération est terminée à 12h30.
Madame Colomb nous a donné une petite charrette à bras, une chèvre et un brancard (baillard).
La moissonneuse-javeleuse : historique de la remise en état
Samedi 26 avril 1997,
dégrippage de la mécanique de la
javeleuse.
Mercredi 7 mai 1997, remise en
état de la roue porteuse – côté
travail.
Jeudi 8 mai 1997, remise en
état de la lame.
Vendredi 9 mai 1997, remontage
de la roue porteuse – nettoyage au
laveur haute pression.
Mardi 10 juin 1997, dégommage
de l’embrayage.
Mardi 24 juin 1997, remise en
état de la commande de l’éjection
de la javelle.
Vendredi 4 juillet 1997,
démontage de la bielle, remise en
état et remontage. Le tout fonctionne.
Mardi 8 juillet 1997, 1ère
sortie de la javeleuse avec un cheval,
moisson chez Antoine Bador. La machine
fonctionne bien.
2010 - Vendredi 23 avril : Départ du matériel agricole entreposé dans
l'ancienne ferme FAYET. La moissonneuse javeleuse est confiée à une
association de Saint-Jean de Touslas au grand regret de nos techniciens qui ont
fourni tant d'heures de travail pour la remise en état et l'entretien de ce
matériel...
Voir le reportage sur la fin du déménagement du matériel agricole de l'ancienne ferme FAYET
Utilisation du gros matériel agricole
La batteuse et la locomobile (à ce jour, deux exemplaires de ce type sont recensés en France) ont été acquises par la population sous forme d'une souscription publique pour sauvegarder ces éléments du patrimoine local.
Les membres de l'association et en particulier Monsieur Paul BUYER ont fourni un nombre d’heures de travail bénévoles impressionnantes pour assurer un fonctionnement correct de cet ensemble. Il faut ajouter le temps nécessaire à la maintenance saisonnière.
C'est à la demande des brindasiennes et brindasiens que nous faisons fonctionner régulièrement ces outils d'autrefois et bien entendu, pour les maintenir en état.
Phases préalables au fonctionnement de ces machines :
Nous devons alimenter la batteuse avec des gerbes sèches.
Pour réaliser ces gerbes nous devons couper et moissonner courant juillet avec une moissonneuse lieuse tirée par des chevaux ou par un tracteur.
Ces gerbes doivent sécher sur le champ en les rassemblant en « mailles » Un mois plus tard elles sont stockées en gerbier sur le lieu de battage.
Au mois de septembre les gerbes sont prêtes pour être battues.
Motivations de sauvegarde :
Les gestes anciens, réalisés par les agriculteurs brindasiens jusqu'en 1982, étaient indispensables pour nourrir la population.
Pour faire découvrir les évolutions sociales et technologiques à nos jeunes, rien ne vaut une ,démonstration concrète.
Nous avons, dans notre village, la chance de posséder un ensemble de matériel complet et les hommes de bonne volonté ayant pérennisé le savoir-faire, pour nous faire revivre cette joie populaire où l'abondance de grains nous permettait d'espérer.
Faisons tout pour conserver ces instants historiques conviviaux, nécessaires à la transmission de la mémoire locale à nos jeunes et préparer l'avenir.
Les tracteurs